A propos de la maison gelin

 

Gelin, des racines profondes comme la vigne et un nom qui bonifie comme le vin

Tout commence dans les années 1920. Dans cette euphorie d’après la Grande Guerre, Joseph Gelin, l’arrière-grand-père est marchand de vins et de charbon dans la Rue du Luxembourg à Bruxelles. Élégant, il ne sortait jamais sans son haut de forme dans ce quartier aisé où les aristocrates et les hôtels particuliers font partie de ses clients. Habitant à Stockel, il avait sa voiture et son téléphone !

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La Guerre est finie mais les perspectives ne sont pas réjouissantes pour la famille Gelin. Joseph est mort. Sa veuve et ses quatre fils sont expropriés et s’installent Chaussée de Charleroi pour ouvrir un nouveau magasin : P. & A. GELIN (Paul et André, deux des fils). Tout est à refaire. En manque de clients et sans voiture, ils doivent livrer dans Bruxelles armés de deux valises contant chacune 24 bouteilles ! Les ressources faisant défaut, l’aîné se sacrifie et part au Congo pour trois ans afin de renflouer les caisses.

Les lettres échangées entre le Congo et la Belgique sont le témoin d’un quotidien très difficile. Elles décrivent, au-delà des bons souvenirs du passé, les souffrances et les sacrifices mais également la volonté d’y arriver coûte que coûte. Le magasin est ouvert jusque tard le soir y compris le dimanche. Pas de week-end, pas de vacances ! Couchées sur du papier pelure ces quelques phrases : « … la maison de nos rêves … », « … un million de vins dans la cave … », « … il ne manque plus qu’une porte cochère … un camion … », « … j’en ai assez de traîner des valises remplies de bouteilles, de recevoir des coups de téléphone de fournisseurs auxquels je suis obligé de promettre tout ce qu’ils veulent sans avoir l’intention de m’y tenir. C’est bien simple, j’oublie tout, sans quoi, je ne dormirai plus »

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Découragés et fatalistes, ils pensent tout abandonner. La Maison Bailly, spécialiste des alcools pour professionnels leur propose une place de représentant avec véhicule de service. Cette grande maison réapparaîtra plus tard dans la longue histoire de la Maison Gelin.

Les Frères Gelin décident de résister. Ils remontent leurs manches et aussi la pente. Leurs mots d’ordre deviennent : s’organiser, se grouper, se passer des agents exclusifs et des grandes maisons, faire des achats raisonnés au cours de voyages, mettre en bouteille leurs propres vins. En plus de la boutique de la Chaussée de Charleroi, deux entrepôts, un à Anderlecht et l’autre à Molenbeek, permettront de livrer dans toute la région bruxelloise des petits vins de région embouteillés dans leurs entrepôts ! Une première à l’époque et un esprit visionnaire : les bouteilles n’ont pas d’étiquette, pas de sulfitage à la mise en bouteille, juste l’appellation sur le bouchon.

Les générations se succèdent. Dans une période où l’immobilier monte en flèche à Bruxelles, les frères Gelin vendent leur bâtiment, au grand dam du fils, Pierre qui, malgré son désir de reprendre, ne peut réunir une telle somme. La société est dissoute, le matériel d’embouteillage vendu au Pilori de Braine-le-Château. Pierre se résout alors et rejoint un caviste réputé, la Maison Goffard. Il n’y restera pas. Son désir de faire renaître l’activité familiale est plus fort que tout. Il s’y emploiera par tous les moyens. Mais le défi est de taille. Tout est à faire, notamment trouver un nouveau local commercial et y accrocher l’enseigne familiale. Ce sera à Uccle Calevoet. Grâce aux mille euros qu’il a péniblement réussi à rassembler, il occupe un bâtiment derrière la Gare de Calevoet et y fait renaître, non sans émotion, la maison familiale. La troisième génération se lance !

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Travailleur impénitent, Pierre réussira à faire entrer la Maison Gelin dans le nouveaux millénaire avec un succès indiscutable. Un contrat de fourniture exclusive avec les tous hôtels Starwood en Europe. Un marché exclusif en Belgique de plusieurs marques d’alcools pour les professionnels dont les produits hérités de la Maison Bailly que revoici !

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Comme une volonté inconsciente d’aller toujours plus au sud, c’est aujourd’hui à Braine-le-Château que la Maison Gelin déploie son activité, après avoir racheté le fonds du commerce du Pilori (encore une ancienne connaissance) Malheureusement, le matériel d’embouteillage n’est plus là. Il a laissé la place pour l’entreposage de cartons de vins qui s’empilent à n’en plus finir dans les bâtiments modernes et les vieilles caves où dorment tranquillement les plus beaux flacons.

C’est en fouillant dans les tiroirs que nous avons retrouvé la recette d’une vieille liqueur anciennement fabriquée à Braine-le-Château : la fameuse Liqueur du Mont Sainte-Croix que nous avons décidé de relancer. A base de nombreuses plantes et décorée d’une branche de bruyère cristallisée, cette liqueur type Chartreuse est devenue aussi célèbre que le Pilori de Braine-le-Château. La devise figurant sur ces étiquettes est maintenant la nôtre : « Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. »

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Et pendant ce temps, la quatrième génération prend ses marques. Marine, la fille de Pierre, forte de sa formation œnologique et du haut de ses vingt-six ans n’a pas froid aux yeux. Derrière son bureau et sur la route à la recherche de nouveaux clients, elle ne rêve que d’une chose : porter encore plus haut la renommée de la Maison, forte des valeurs de courage et de travail héritées de sa famille.


En attendant, nous tenons à vous remercier chaleureusement pour votre fidélité à notre Maison.

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